L’administration lourde d’un départ à l’étranger

Demander un départ à l’étranger, c’est énormément de papiers divers et variés à remplir. Je vais donc faire un petit retour sur ce parcours du combattant qui servira sans doutes à d’éventuels visiteurs intéressés par un séjour universitaire en dehors de leur pays chéri (ou pour les rebelles assistés par la nation qui beuglent que la France ça craint et qui veulent « se casser à l’étranger », un bon coup de pied au cul leur ferait par ailleurs le plus grand bien pour voir le l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs).

Un parcours du combattant avant le départ

Demander un départ à l’étranger, ça ne se fait pas automatiquement, en tout cas dans mon école, Polytech Grenoble. Cela vient de la seule initiative de l’élève de se renseigner à propos des possibilités d’études en dehors de France afin de débuter les démarches. C’est, d’après moi, un très bon point : il en résulte que seules les personnes motivées se renseignent et dépasse le stade de la simple prise d’information. Les « épreuves » de vie vécues sur place étant autrement plus difficiles à surmonter, tant au niveau moral que pratique, mieux vaut ne pas s’y confronter si l’on est pas prêt à surmonter l’amuse gueule que constitue la prise de renseignements.

Brice dit « Le Méchant »

Ainsi, rencontre avec le chargé des relations internationales de mon école, il me prend de haut le bougre. Il me vanne, il se fout de ma gueule ! Mais, je ne me laisse pas démonter ayant été averti par Romain, mon camarade souhaitant aussi partir à l’étranger (dont vous trouverez son blog à droit avec celui de Seb) et étant passé quelques jours plus tôt par cette étape de la porte de prison.

« Vous souhaitez partir à Singapour, vous savez il fait chaud la bas, c’est pour casser des cailloux ? Je vous verrais bien en dalton, au moins vous seriez bon pour casser des cailloux… Quoique vous êtes assez minces.

– Oui Singapour, le Japon ou le Canada

-Pffff… Vous allez faire du Sumo ? Vous avez combien au TOIEC ?

– J’ai pas encore passé le TOIEC

– Vous venez vous renseigner pour l’étranger sans le TOEIC ? Ah merde alors, on n’est pas tombé sur la flèche de service. Vous avez bien le TOEIC blanc

– Oui j’ai eu 360… comme la console.

– Ahahaha ! Meme en répondant au hasard on a mieux !

– Ben la prochaine fois je répondrai au hasard alors ! Enfin je peux toujours investir dans Assimil.

(La séance de chambrage continue, je commence a voir venir le bonhomme et me dit que de toutes façons, s’il me prend de la sorte, je n’aurai aucune chance de partir à l’étranger alors je me met en mode, j’en ai rien à cirer et je le chambre aussi de mon coté en lui lançant des saloperies. J’ai l’interclasse à tuer alors au lieux de se déprimer, mieux vaut passer un bon moment en s’échangeant des saloperies ! Puis au moment de partir !)

– Bon vous me disiez Singapour, le Japon ou le Canada, J’ai des trucs attendez !

(et là il ne m’a plus laché !)

Alors chapeau Brice pour ce jeu d’acteur. Rien de mieux comme entretient pour filtrer le mec qui veut partir à l’étranger parce que c’est la classe à la HEC, ou celui qui suit le sacré saint ordre de papa maman. Après ce stade, heureusement que nous avons pu continuer à nous échanger des gentillesses, mais, c’était pas dans le meme objectif que la première fois. J’ai même eu le droit à cette réplique d’Audiard « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » après lui avoir promis de faire 200 km en montage à moto en hiver pour faire signer un papier par l’autorité parentale en voyage en ski. De telles références, c’est inimitable !

Papiers à remplir…

Ainsi, après ces échanges humain, il s’agit de remplir un paquet de documents afin de choisir des université. Trois choix de programme et dans chacun de ces choix, trois choix d’université possible appartenant aux programmes. On en arrive à neuf université dans lesquelles il faut choisir les programmes qui seront suivi. Et là il faut vous renseigner par vous même sur les sites des universités. De plus, les listing ne sont jamais à jour. Il faut de plus faire coïncider les cours pour ne pas avoir de chevauchements… Bref, une tortue qui ne s’arrête pas là. Il faut motiver vos choix de cours pour chacune des universités pour le jury local ainsi que joindre une lettre de motivation par université (donc neuf lettres) qui justifie le choix du pays, de l’université, et des cours. Enfin il faut ajouter à cela, un CV, des lettres de recommandations de professeurs, les bulletins scolaires depuis le bac, la copie du diplôme du bac, et j’en passe… A la fin votre dossier fait la taille d’un annuaire ! Je ne compte pas le nombre d’heures de travail que cela m’a pris… bien évidemment en plus des cours.

Ensuite, vous assistez à des réunions afin de vous assurer que vous souhaitez bien partir à l’étranger, que le pays choisi est bien celui qui vous intéresse… Encore du temps et du travail !

Première phase du jury local qui sélectionne les candidats suivant les notes, la motivation et divers points dont eux seul ont le secret.

Ainsi, une fois cette première phase terminée, vous savez si vous êtes pris, le choix qui a été retenu. La partie suivant est ainsi plus spécifique au programme que j’ai sélectionné : STEP@TUAT. On m’a ainsi demander divers documents, lettres de recommandations, en anglais cette fois, sélectionner de nouveau les cours, motiver plus spécifiquement mon choix pour cette université, décrire sur quel sujet d’Indépendant Studies j’aimerai travailler, choisir avec quels professeurs, décrire le sujet, remplir encore et encore des cases avec des numéros INE, de passeport, RIB, numéro de tatouage de mon chat et la date de naissance du cousin de ma grand mère…

Ensuite, vous attendez la réponse de l’université distante afin de savoir si toutes ces démarches ont été utiles ou si vous avez simplement perdu votre temps à remplir des piles de papier qui feraient bondir de folie tout écologiste convaincu.

Par chance, j’ai été pris. Mais, les démarches ne s’arrêtent pas là pour autant. Pour séjourner au Japon sur une durée de un an, vous devez posséder un visa. Et ce visa ne s’obtient pas en faisant un bisous à la guichetière. Il faut justifier d’une telle durée de séjour. Ainsi, dans mon cas, je devais obtenir un « Certificate of Eligibility« , justifiant de mon statu d’étudiant sur place. C’est donc l’occasion d’échanges avec l’université d’accueil, échange de passeport, de photo d’identité, de relevé de compte de l’étudiant et d’un des parents… Puis, après obtention du papier, il faut faire les démarches d’obtention de visa auprès de l’ambassade. Cela nécessite deux déplacements, l’un pour le dépôt des documents et le second pour la récupération du visa, si toutefois on accepte de vous l’accorder (l’obtention du certificate of elibility ne garanti pas l’obtention du visa qui demande le remplissage d’un formulaire dans lequel on vous pose différentes questions sur votre situation financière, familiale et pénale).

Résiliation des contrats

Une fois le visa obtenu, ne croyez pas être sorti d’affaire pour autant. Il faut déclarer votre départ à l’étranger à votre assurance afin qu’elle vous donne vos certificats, il faut résilier les contrats divers que vous avez pu souscrire… Autant résilier mon assurance moto fut très simple, mon assureur n’éxigeant qu’une photocopie du billet d’avion et du visa. Autant la résiliation de mon contrat mobile Orange tient de l’escroquerie. En effet, après avoir pris contact avec Orange pour demander la résiliation et les pièces à fournir pour éviter de payer l’ensemble des mois restants (ça fait cher 21 euros multiplié par les 20 mois restants), clause prévue dans le contrat pour un départ à l’étranger, j’apprend que le billet d’avion et le visa ne sont pas des pièces recevables ! le contraire de mon assurance moto en somme… Bref, il faut me fournir une facture d’électricité, ou un bail, ou une pièce justifiant de mon séjour. Je fournirai ainsi par la suite, une facture de TEPCO, une carte d’étudiant de l’université, et comme je veux être certain de mon coup, je rajoute deux autre documents, l’Alien Registration Card ainsi que le certificat de présence d’Explora Sup signé par l’université. Le tout envoyé en recommandé (merci le service recommandé de la Poste par Internet au passage !). Pièces refusées par Orange, sans aucune motivation mais l’assurance que je recevrai une facture avec le montant restant à payer pour les 20 mois ! Cela se termine donc par une opposition sur mon compte qui me coute 13 euros.

Et l’université en France, ca se paye !

Autant je comprend le fait de payer l’université locale car l’état prend en charge le coup des études au Japon, autant, payer la sécu, je trouve ça proprement scandaleux ! Je reste un an sur place et je doit tout de même m’acquitter d’une année de sécurité sociale française qui traine déjà les pieds pour rembourser les très rares feuilles de soin que je lui envoie mais là, qui ne servira à rien ! En effet, je paye la sécurité sociale japonaise sur place !

Billet d’avion puis départ

Après avoir tout obtenu, il s’agit de s’envoler pour le Japon. J’ai choisi Aeroflot pour ses tarifs intéressants (moins de 500 euros l’allé simple). Escale obligée à Moscou… Le vol durera 13 heures. Après avoir souffert le martyr dans cet avion qui semblait vouloir la peau de mes jambes, l’arrivée sur place ne fut pas de tout repos comme j’ai pu le raconté au début de ce blog.

Les démarches continuent sur place !

Sur place, il vous faudra encore payer l’assurance universitaire, faire les démarches pour le logement (heureusement celui-ci est attribué automatiquement dans le programme STEP, une démarche en moins, ce ne fut pas le cas pour Seb le suédois lyonnais dont le blog se trouve à droite), se rendre à la mairie pour demander une Alien Registration Card, indispensable aux long séjours, revenir chercher cette carte, payé la sécurité sociale sur place… J’en passe…

6 réponses sur “L’administration lourde d’un départ à l’étranger”

  1. Merci pour cet article très intéressant!
    Je souhaite moi aussi partir au Japon pour y faire une grande partie de mes études! Pour cela je vais devoir parlementer avec mon école et vu ton parcours je sens que je vais devoir m’armer de courage! Ils ne nous facilitent pas les démarches ^^’
    Tu t’y es pris un an en avance pour préparer ton départ?
    Je m’en vais lire la suite de ton blog 🙂

    1. Oui, pour les procédures dans mon école, il fallait s’y prendre un an en avance. C’est en effet très lourd mais, il faut s’accrocher. Finalement, il y a pas mal de chances de partir car pas mal se décourage en voyant les procédures.
      Donc ne jamais lâcher !

        1. Merci Seb !
          IE… Merde merde merde. Ici au moins c’est à l’ancienne avec papier et crayon… Enfin le papier était en japonais mais heureusement, notre université s’occupe de tout, c’est ultra organisé de ce coté (le contraire de la France quoi…) et on nous fait la traduction et nous montre les zones à remplir à coup de surligneur.
          Et oui, j’attend un autre article sur ton blog !

Laisser un commentaire