L’art de dramatiser, l’art de la hiérarchie, l’art de profiter

Petit article, retranscrivant ma pensée du jour face à une réaction de la part d’un groupe de musique traditionnelle qui semble se prendre bien au sérieux, réaction déjà rencontrée avec un professeur de mon université.

Rappel des faits, en décembre dernier, dans le cadre de notre classe de culture japonaise, nous avons la possibilité d’assisté à un concert de musique japonaise traditionnelle gracieusement donné par un groupe d’amateurs. Naturellement, je demande s’il est possible de photographier les interprètes. Les professeurs nous affirme qu’ils serons même heureux d’avoir des  photos de leur trombines fiers de jouer de leur instruments.

Photos prises, vidéos prises, rapport écrit puis envoyé au professeur de culture. Quelques mois plus tard, au hasard d’une rencontre, je discute avec l’un des professeurs de culture, elle me félicite pour les photos, puis me demande si je peux lui envoyer la série pour le groupe de musicien. Le concert était gratuit, les musiciens semblaient heureux de faire partager leur passion, je suis heureux de leur transmettre mes photos, retouchées une a une. Moi aussi je suis un malheureux photographe amateur.

Puis aujourd’hui, dans le cours du sensei, à la fin, il demande aux étudiant de STEP de rester pour « un problème très important ».

« Nous avons un sérieux problème, TUAT est dans un jour noir »… L’heure s’annonce grave, une bombe japonaise est tombée sur la Tour Eiffel et nous sommes en guerre ? La fin du monde approche ?

Non non, une malheureuse vidéo du concert amateur a été prise par un étudiant avec un compact ringard et placée sur Youtube. Attention, piratage ! L’équilibre financier de ces ô si valeureux artistes est en péril !

Le sensei demande que le responsable se dénonce et peut être celui-ci devra-t-il se faire harakiri !  Le malheureux étudiant se dénonce. Balbutiant, il n’ose à peine parler. J’interviens et montre une bonne facon de gueuler à la francaise.

« Ce groupe de musique nous a certes offert l’opportunité de voir de la musique japonaise gratuitement mais, nous avons été autorisés à prendre des clichés sans nous cacher après leur avoir demandé et ils étaient bien content de recevoir GRATUITEMENT les photos tout aussi amateur que je leur ai transmises »

La discussion continue, on continue à nous prendre pour des demeurés issus de pays sous développés, mon anglais semble étrangement étranger au sensei…

Puis je rappelle que sur Youtube il existe des systèmes pour signaler les conflits concernant les droits d’auteur. Mais se groupe d’amateurs, trop certain de leur valeur, semble préféré en référer à l’université dans un autisme propre à leur éducation plutôt que de régler le problème directement.

Je quitte la salle en rappelant à ce cher sensei, qui semble malheureusement avoir été pris entre deux feux, que j’attend à présent que mes photos de Photographe Amateur (R) ne soient pas utilisées sans mon accord. Autrement je pense que je marquerais un mot sur leur carnet de correspondance !

Malheureusement ce genre de mésaventure, cas ou la personne concernée n’a pas la franchise d’en parler directement avec la partie avec qui elle rencontre un problème, n’est pas ma première au Japon. J’avais eu le même problème avec un mail envoyé à mon professeur de mon laboratoire qui au lieu de me répondre directement à trouvé plus logique de passer par une hiérarchie, mon intellect étant trop bas pour comprendre ses verbes. Autant quand il s’agit d’un conflit culturel, je suis prêt à l’accepter, autant lorsque les personnes sont heureuses de recevoir de vous et vous accordent des faveurs pour vous poignarder de dos car elle n’ont pas le cran de vous le refuser directement, sans pour autant se refuser à vous demander ces faveurs, je trouve que l’hypocrisie atteint son apogée.

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