Puis, déception…

Après avoir parlé des moments d’échange formidable induits par la différence de faciès, je vais parler de ces petits moments qui vous donnent envie de fuir le pays, ces moments qui vous font détester tous les japonais sans distinction, ce sentiment qui vous fait perdre tout pragmatisme.

Le racisme est bien présent ici. Parfois, on le sent dans le regards des gens, parfois, on essuie quelques remarques désagréables. On essaye de s’en protéger en faisant mine de ne rien comprendre, mais, malgré toute la bonne volonté qu’on tente d’y mettre, cela touche toujours un point sensible. On vous reproche vos origines, on vous juge par votre physique, par votre couleur de peau et par la forme de vos yeux. Sentiment certainement pas nouveau par exemple pour les noirs en France, mais il est difficile d’en comprendre la violence ne l’ayant jamais subi. Ca n’est pas la première fois que ce genre d’incident m’arrive, et j’ai déjà eu des échos par Jonathan de ce type d’expérience. Pour lui, la confrontation s’est même avérée violente à coup de « rentre dans ton pays sale étranger ».

Ainsi, en me rendant à l’université, je me garre comme à mon habitude dans le parking réservé aux deux roues. Je croise le regard d’un autre motocycliste. A ce moment je n’y prête guère attention, mais, je le soupçonne être l’auteur de ce doux mot. A mon retour, Hongo sensei voulant voir ma moto, nous nous y rendons ensemble. A ce moment, je remarque un mot scotché sur le réservoir que me m’empresse de lire. Voyant brièvement le contenu du message, je le cache mais Hongo sensei ayant eu le temps de l’apercevoir fut choquée par sa teneur. Ainsi, en anglais, étrange pour une moto immatriculée au Japon, je lis un message légèrement haineux.

On a beau savoir ce genre de chose et y être préparé, c’est toujours douloureux lorsque ça arrive, surtout lorsque l’on viens au Japon pour y découvrir la culture. Et cette façon lâche de laisser un mot pour éviter d’avoir à parler directement est franchement honteuse. La France de Vichy est aussi au Japon !

 

2 réponses sur “Puis, déception…”

  1. Ah ouais quand même… Le « rentre dans ton pays sale étranger » est quand même super violent. Dans ce cas il vaut mieux répondre « sumimasen » avec un sourire et ils ne sauront plus où se mettre.

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