Venue en France, Retour au Japon

Longue période d’absence… Cela vient du fait que je suis passé par la France pour une longue période de vacances, le temps pour refaire le plein – de bonnes choses bien de chez nous – le temps pour que le Japon me manque de nouveau que j’ai l’envie d’y refaire le plein – de bonnes choses bien de chez nous. De plus, je n’ai pas internet dans mon nouvel appartement ce qui ne facilite pas les choses.

J’ai pu à l’occasion de ce retour me frotter avec les idées que forment et déforment la nostalgie, ou celles de mes concitoyens, me replonger dans l’univers de mon pays, presse, télévision, culture, langue… Se rendre compte de certains aspects oubliés, ou fantasmés.

Je suis revenu, en ayant besoin de me rendre paranoïaque. En effet, j’ai depuis longtemps oublié l’insécurité, le vol ou tout autre incivilité gangrenant notre cher pays. Finalement, je fus étonné de l’amabilité des gens, certes sans égal avec celle rencontré au Japon, mais bien au dessus de l’idée que j’en avais gardé. Est-ce le temps qui a changé les choses ou est-ce mon imaginaire qui a déformé mon souvenir ? Est-ce le plaisir de revenir au Pays qui m’a rendu plus sympathique et a forcé la sympathie ? Ou ce plaisir m’a-t-il aveuglé ?

D’autres éléments n’ont pas manqué me choquer. En premier lieux, le prix des transports urbains. J’imaginais les transports en commun cher au Japon. Finalement, quelques hausses de prix depuis mon départ m’ont fait repensé à la question. Pour un trajet de chez moi à Paris, 4 zones en RER, sale, en retard, pas fiable, parfois en grève, le sésame est à 4 euros 10. De ma nouvelle résidence au Japon jusqu’à mon travail au centre de Tokyo, j’en ai pour 310 yens, dans un métro propre, ponctuel et jamais en grève. Et n’essayons pas de faire la conversion au taux actuel du yens, le bilan n’en serait que pire pour les transports parisiens. Le bilan est encore plus dévastateur pour les transports français pour le trajet que je faisais de Fuchu jusqu’à Shinjuku… Mais, le TGV, lui est bien accessible, pas cher et efficace. Un vrai plaisir face au Shinkansen hors de prix et plus lent. Evidemment, en comparant l’offre des abonnements, le RER s’en retrouve gagnant. Mais, pour un trajet quotidien de chez moi à mon travail en train, encore une fois, si l’on reste sur la même ligne, l’abonnement au Japon pour le train est moins cher qu’en France pour la même distance. J’imagine que ce n’est pas toujours le cas, mais, ayant pas mal souffert des déboires de la SNCF et RATP se plaignant sans cesse de manque de moyen, je ne peux que constater que ce n’est certainement pas le prix du billet qui est en cause (argument avancé à chaque hausse de prix) vu la qualité du service au Japon. Il faudra que ces syndicalistes stupide trouvent d’autres arguments moins factices.

Encore à propos de syndicalistes, j’ai du coup absorber la presse française lors de mon séjour, période pleine de scandales politiques… Sans entrer dans les détails, j’ai encore pu avec grand déplaisir constater avec amertume cette toute puissance syndicale qui nuit à la productivité et à l’emploi au final. Exemple concret, les lignes de productions de Micra en France ouvertes par Renault pendant que Peugeot va fermer une usine. Les médias diffusaient alors les contestations d’un syndicat mécontent que Renault n’emploie pas alors qu’ils venaient d’assurer du travail pour les prochaines années dans un secteur en crise…

Toujours au sujet des médias, il est difficile d’avoir un point de vue objectif tant on est assommé par le matraquage sur un sujet particulier, qui n’a finalement pas grand intérêt. On se retrouve aussi toujours confronté à un jugement binaire des journalistes sur des idées. Je prend le sujet sulfureux du mariage homosexuel. La question n’était plus sur l’adoption ou sur d’autre points mais, décider si oui ou non vous êtes homophobe. Cette classification est navrante et tout débat est vain. Il faut trouver les gentils et les méchants… Je prend ce sujet particulier n’ayant pas d’opinion arrêté sur le pour ou le contre, incapable d’avoir un avis sur la question. Et j’ai trouvé de façon générale aussi bien les arguments en faveur ou en défaveur sans aucun intérêt, d’une stupidité abyssale. On traitait tout sous une vision émotionnelle, cherchant à persuader, non à convaincre. On en était au même point que dans la période post-Fukushima ou l’on trouvait des écologistes parler de nucléaire sans avoir la moindre connaissance des faits, le soir, utilisant l’ascenseur de leur appartement, surfant tranquillement sur Internet tout en chargeant leur smartphone dernier cri, avec leur chauffage électrique et la machine à laver tournant. Ces mêmes écolos qui ‘twittent’ pour raconter l’inintérêt de leur vie sur les fabuleux serveurs tournant sans doutes au purin et aux éoliennes, le tout relancé par les médias en boucle.

On aurait presque l’impression que j’ai une vision amère de mon pays. De ses institutions inertielles oui, de ses médias stupides, oui. Mais, ses paysages, sa culture, et une majorité de sa population me laisse l’espoir nécessaire à… l’espoir. Revoir ses amis, ses proches, ses attaches, rien de tel pour se souvenir de l’amour de ses origines.

Finalement, en regrettant la France, je suis rentré avec plaisir au Japon, retrouvant ce calme que j’avais presque oublié, cette politesse et cette gentillesse qui m’ont de nouveau étonné.

J’ai pris Egyptair, ou la compagnie qui m’à presque fait peur de prendre l’avion. En arrivant au Caire pour l’escale, le commandant de bord a réussi à confondre le bouton pour utiliser la radio et celui pour passer un message aux passagers. Nous avons donc eu le droit à son message adressé à la tour de contrôle… Rassurant… Puis, pour me rendre à Tokyo, je change d’avion. Ce nouvel appareil semblait avoir fait son temps, avec un aménagement intérieur hors d’age, mon siège plus ou moins cassé et les télévisions, des écrans à tube cathodique collectif, qui fonctionnaient quand bon leur semblait. Si le visible est inquiétant, je n’ose imaginer la partie mécanique me suis-je dit. La suite m’a prouvé que j’avais raison. L’avion après avoir avancé quelques mètres s’est arrêté sur le taxiway… pendant 4 heures ! Sans aucune informations aux passagers, sans doutes, le commandant de bord s’étant encore trompé de bouton envoyant ses messages à la tour de contrôle… Nous sommes donc arrivés à Tokyo avec 4 heures de retard, le tout sans le moindre mot d’excuse de la part du personnel de bord. Egyptair, une compagnie à fuir qui ne devrait pas avoir l’autorisation de se poser ni en France, ni au Japon !

Voila, mes brèves impressions sur mon retour en France qui fut formidable grâce aux personnes que j’ai pu revoir et rencontrer.

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