Fuji, encore et toujours

Après avoir eu quelques problèmes dans la commande de mon nouveau casque, en me rendant finalement en magasin, j’ai trouvé toutes les pièces nécessaires pour réparer mon casque. Sacré économie, les fixations et les caches m’ayant coûté moins de 2000 yens, en comparaison des près de 50 000 yens en considérant l’achat du nouveau casque !

Cette fois, je comptais bien me la faire cette route au nord des lacs, par deux fois fermée  à cause d’une course. Je suis venu le samedi espérant que ça serait ouvert. Et ce fut le cas, malgré tous les embouteillages rencontrés sur la route pour m’y rendre, j’ai pu longer intégralement la route au nord des lacs.

Temps très dégagé laissant cette fois voir le Fuji-san. Toute condition météo rend le lieu intéressant. Ca n’est donc pas mieux, pas moins bien mais, différent. C’est pour cette raison que je peux aller trois fois de suite sur les lieux sans m’en lasser. Bon je changerai – peut-être – d’itinéraire pour ma prochaine balade.

 

Balade partielle, retour précipité

Et c’est reparti, le croyais-je. Retour sur ces routes incroyables autour du Fuji-san. Malgré un début formidable, ayant repris en partie l’itinéraire emprunté l’autre fois, cherchant – cette fois – à rejoindre la route au nord des lacs, encore une fois fermée à cause du même événement sportif, ma balade s’est très vite terminée.

J’ai cassé mon casque… Mal fichu sur le rétro, au hasard d’un arrêt ou la brume m’invitait à immortaliser la scène sur le capteur de mon appareil photo, il est tombé et les éléments retenant la visière se sont cassés. J’ai donc fait à ce moment, demi tour afin de rentrer à Tokyo écourtant une balade s’annonçant exceptionnelle… Enfin, d’une part, ça n’est que du matériel, certes cher, mais je ne suis pas tombé moi même. D’autre part, j’ai quand même pu profiter d’une partie de ma journée. Alors, J’ai finalement fâché mon banquier en achetant un nouveau casque, reportant l’achat de ma seconde Honda, mais, afin de perpétrer mes balades automnales.

De toutes façons, ça fait bien longtemps que j’aurais du le changer après avoir caressé le bitume, suite au camion qui avait cherché à s’accoupler avec ma petite chérie.

L’automne, toujours l’automne, le Fuji, ma religion, toujours ma religion

Les japonais parlent souvent dans les premiers sujets qu’ils évoquent pour décrire leur pays des saisons. Ils sont fiers et sensibles par cette mutation cyclique de leur nature. Il serait trop difficile de décrire – et prétentieux d’estimer savoir le faire – la sensibilité des japonais pour la nature. La plus connue des saisons est sans conteste le printemps pour ses sakura, les cerisiers en fleur. Mais, non, c’est pas une saison que je trouve incroyable. Elle l’est pourtant objectivement. Mais, je lui préfère, de très loin, l’automne.

Etonnement, alors je croyais en avouant cela à des amis japonais qu’ils allaient ne pas comprendre mon désamour des sakura, affirmant que la plus belle des saisons au Japon est l’automne, beaucoup d’entre eux m’ont avoué ce même vice anti-conformel.

Il y a plusieurs raisons à cela. Je ne suis pas franchement attiré par les fleurs leur préférant des nuances de couleurs. Qu’on ne vienne pas parler de découpe de forme, le profil de la feuille de l’érable japonais est le travail des doigts d’orfèvre de la nature magnifié par les multiples couleurs de l’automne. Enfin, la beauté des sakura est sans doute fantasmé par la période courte de leur existence et par tout l’affect qu’on leur accorde, le renouveau de la nature après l’austérité hivernale. Mais, les goûts et les couleurs…

Alors, je suis donc au anges durant cette saison automnale. Alors, un coup d’essence dans ma chérie et on est parti à l’assaut du Fuji-san. Pour moi, le Fuji et l’automne, c’est l’expression même du Japon. Le couple inséparable dans mon cœur. Le Fuji, j’en ai déjà parlé, est un mont mystique. Peut de mots sont nécessaire pour le comprendre lorsqu’on s’y rend. S’y rendre est déjà un pèlerinage. Les alentours de ce mont, toit du Japon, sorti de nulle part, aussi calme qu’on roc cachant en son sein une puissance redoutable, véritable bombe en instance d’explosion. Alors prosternez vous devant cette merveille de la nature ou, le Fuji-san vous le fera payer par son courroux ! Le Fuji se cache bien souvent derrière nuage ou brume affirmant sa puissance mystique.

Je m’y était rendu en été arpentant la Subaru line, cette « autoroute » qui s’élance vers le 5e étage où il est possible pour les plus téméraire de dépasser les cieux en grimpant au sommet du mont. Sans doutes, un peu de l’esprit de la tour de Babel s’y retrouve, les humains du monde entier voulant se tenter à cette quête. Cette fois, c’est la route à la plus proche périphérie du mont que j’ai traverser. Route incroyable, je me suis même à un certain moment retrouvé en France, rappelant des souvenirs de balades dans le Vercors, jouant avec le petit moteur de ma Yamaha 125 pour grimper ces cols impitoyables pour cette machine de l’Homme.


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